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Dès la fin du premier trimestre de seconde, les lycéens doivent décider quelles spécialités ils suivront en première. En janvier, ce choix n’est pas encore définitif… Néanmoins, les élèves doivent se positionner au bout de quelques mois de lycée. Ils ont bien souvent l’impression de s’orienter dans l’urgence et le flou. Voici quelques éléments pour éclairer ce choix nécessaire.

La place des spécialités en 1re et terminale

Pour mémoire, le lycée offre, trois types d’enseignements :

  • Un socle de culture commune à tous les élèves ;
  • Des disciplines de spécialité choisies par l’élève et s’accentuant entre la première et la terminale (trois disciplines en classe de première puis deux en terminale parmi les trois suivies en première). Ces disciplines bénéficient d’horaires significatifs permettant de proposer des programmes ambitieux et de donner du temps aux élèves pour les apprentissages ;
  • Des enseignements facultatifs à faible volume horaire, les options, à ne pas confondre avec les spécialités ! (en particulier en mathématiques où il existe une spécialité mais aussi deux options.)

En seconde, les lycéens qui s’orientent en première générale sont invités à sélectionner les trois spécialités qu’ils suivront en première, à raison de 4h chacune. En terminale, ils n’en garderont que deux, à raison de 6h chacune. Ce sont donc des matières centrales, dont le poids sera essentiel pour l’orientation post-bac. Comment, dès la seconde, choisir les matières qui vont déterminer notre avenir académique ?

Spécialités : faire un choix réaliste

La réforme du lycée part d’une excellente idée : au lieu de forcer les élèves à creuser des matières qui ne leur plaisent pas tellement et dans lesquelles ils n’excellent pas forcément, mais qui forment un ensemble avec celle(s) dont ils ont besoin pour plus tard, on leur permet dorénavant de ne travailler à fond que ce qu’ils ont envie et/ou besoin de travailler. Mais, justement, que choisir, quand envie et besoin sont parfois antagonistes ?

La première réponse à cette question est de bon sens : le choix de spécialités doit, globalement, être viable.

Beaucoup d’établissements mettent leurs élèves en garde : pour être pertinent, le choix des spécialités doit être réaliste. Il ne faut pas se contenter de choisir les matières qu’on aime : il est essentiel que ces matières puissent déboucher sur l’orientation souhaitée, ou à défaut sur un choix assez large de filières post-bac. Exit, donc, la triplette de spécialités rares (arts plastiques, EPS et breton…) ; ou le choix d’une spécialité « pour voir ».

so many books, so little time
Trop de possibles?

Un arbitrage compliqué

Plus fréquemment, la question de la reproduction des anciennes filières se pose : doit-on malgré tout, plutôt que chercher à déterminer quel parcours individualisé nous réussira le mieux, se reposer sur des recettes éprouvées – celles des anciennes filières, en l’occurrence ? Dans les faits, cela suppose des adaptations.

Ainsi les maths « type ES » ont complètement disparu ; une triplette « façon S » forcera à abandonner l’une des trois matières choisies en fin de première ; si, se sentant « plutôt ES », on prend les maths quitte à les remplacer par l’option « light » en terminale, quelles matières prendre à côté ? SES et HGGSP ? Une langue ? Pourquoi ne pas choisir ces trois spécialités et laisser les maths de côté, plutôt que de risquer un 8/20 de moyenne après avoir passé toute l’année à travailler des maths « dures » alors qu’on culminait à 12 en seconde, en bon « profil ES » ? Mais si on choisit la prudence, est-ce qu’on pourra faire de l’économie ensuite, n’ayant pas fait de maths ?

Peut-on vraiment choisir toutes les spécialités ?

À ces questions déjà bien compliquées, s’ajoutent les réalités de terrain : seules les spécialités les plus courantes sont disponibles partout ; certains établissements privés imposent qu’on prenne les maths, ou alors qu’on garde les maths si on garde la physique, voire qu’on choisisse entre un nombre de triplettes très limité – les raisons avancées étant l’organisation concrète des enseignements. Dans d’autres, on demande à des enfants qui choisissent des triplettes non traditionnelles de faire état d’un projet d’étude, alors même que ni les professeurs principaux ni l’administration de l’établissement ne sont capables d’évaluer la crédibilité de celui-ci. J’ai vu telle maman, dont la fille voulait faire de l’informatique et des lettres, s’échiner à convaincre un professeur de l’existence de vastes débouchés en IA – un domaine dans lequel elle travaillait elle-même ! Mais tous les élèves n’ont pas des parents susceptibles d’identifier des orientations professionnelles d’avenir… Ainsi, cette exigence a le mérite de forcer l’enfant à prendre du recul sur ses vœux, mais peut paralyser.

En outre, certaines matières s’appuient sur la spécialité maths. En première, choisir SI ou physique-chimie suppose qu’on puisse suivre en maths, donc qu’on prenne maths aussi. Ce n’est qu’en terminale qu’on pourra désolidariser l’une de l’autre, en se rabattant sur l’option… mais est-ce que ce n’est pas dangereux ? On dit que le meilleur choix pour faire Médecine, c’est SVT / Physique / option maths complémentaires, mais personne n’est sûr d’être admis en Médecine. Et il existe des cumuls qui vont moins de soi. Si on se retrouve avec une paire Physique / SES ou Physique / Anglais, ce n’est sans doute pas ce qui est le plus efficace pour préparer son avenir académique !

Choisir les spécialités dont on aura besoin…

La question à laquelle les adolescents et leur famille ont à répondre en milieu de seconde est en effet cruciale : à travers le choix de spécialités, se préfigure un choix d’orientation dans le supérieur. Il n’est évidemment pas possible de faire n’importe quelles études avec n’importe quelles spécialités, du moins dans les faits.

Bien sûr, on peut toujours hésiter entre médecine et khâgne, ou entre histoire de l’art et biologie. Il est parfois possible d’entamer un cursus ne correspondant pas à ce qu’on a fait comme spécialités. De même qu’on pouvait auparavant devenir infirmier après un bac L ou entrer en prépa littéraire avec un bac scientifique, le choix des maths et de la physique ne ferme pas la porte des hypokhâgnes, et on peut prétendre faire de l’informatique sans avoir pris la spé NSI. Néanmoins, quand bien même on serait admis dans la filière de son choix, cela suppose de rattraper une part de programme assez lourde, sachant qu’une partie des élèves auront planché sur les matières phares 4h/semaine de plus que nous en 1re et 6 en terminale !

Voilà qui tombe sous le sens. Mais quand on ne sait pas trop ce qu’on voudra faire dans deux ans, comment choisir ?

… Ou se constituer un excellent dossier ?

En réalité, partir de vagues possibilités d’orientation est une mauvaise méthode. Inutile de se demander si on aura besoin des maths ou de l’anglais dans deux ans quand on saura ce qu’on veut faire. Sinon, on aura tendance à se dire qu’on aura besoin de tout, et on n’avancera guère ! Au contraire, quand on n’a pas tellement d’idées d’études supérieures, les bonnes questions à se poser sont : qu’est-ce que j’aime suffisamment faire pour en faire tout le temps ? Dans quoi suis-je assez bon pour en faire ma spécialité ? C’est de cela qu’il faut partir.

En effet, une chose est plus importante que d’avoir pris la « bonne » spécialité. C’est d’avoir de bonnes notes dans ses spécialités. Les algorithmes de Parcoursup, pour nébuleux qu’ils soient, se fondent néanmoins avant tout sur les moyennes des élèves. Avec 8/20 en spé maths, non seulement on ne s’ouvre aucune porte, mais on s’en ferme – même dans les filières où les maths ne sont pas nécessaires. Avec 8/20 en spé Anglais, on ne risque pas d’être pris à Cambridge… même avec un TOEFL à 110 !

Alors, bien sûr, si ce qu’on préfère est l’EPS, la musique et la littérature, prendre les spécialités EPS, Arts et Humanités n’est peut-être pas la meilleure idée. Mais Anglais, Humanités et Musique, par exemple ? Ou EPS, théâtre, et Humanités ? Une langue peut-être ? De toute façon, on ne va pas s’engager dans des années d’études dans une matière dans laquelle on peine déjà à suivre en seconde ! La réforme invite à « penser positif » : dans quelle matière vais-je travailler, m’investir, exceller ? Faire ses preuves quelque part est la preuve qu’on est capable du meilleur, pas qu’on est limité à la matière choisie.

Des ambiguïtés persistantes

Doit-on conclure que la réforme est merveilleuse ? Qu’elle met fin à des années de classement stérile des enfants en fonction de leur niveau de maths ? Et qu’elle offre enfin des possibilités plus variées que le choix entre trois profils qui formataient les élèves sans tenir compte des évolutions des formations et des emplois ? Ni oui ni non, hélas.

Pour que la réforme porte ses fruits, il faudra sans doute, hélas, quelques années. Les établissement secondaires comme supérieurs n’entrent pas tous dans la logique de celle-ci. Ils ont en outre, souvent, chacun une politique différente. Si un élève de seconde sait ce qu’il veut faire, le plus sûr est qu’il se renseigne sur les spécialités qui y mènent le plus sûrement ; s’il pense pouvoir y réussir, il n’y a pas à hésiter. S’il ne le pense pas, s’il ne sait pas quoi faire, le plus sage est de tenter de s’assurer un bon niveau et des opportunités assez larges en sélectionnant des spécialités point trop exotiques, et bien maîtrisées. Si, enfin, un domaine le passionne sans qu’il sache quoi en faire, c’est certainement le moment de se lancer !

Choisir ses spécialités : récapitulatif

Être réaliste : ai-je le niveau, la motivation ?
Être pragmatique : ces spécialités sont-elles disponibles dans mon établissement ?
À proximité de chez moi ?
Être stratégique : vers quoi ces spécialités peuvent-elles me mener ?
choix des spécialités – récap

Pour mémo : la liste exhaustive des spécialités proposées

… Ou, plus précisément, des spécialités théoriquement proposées à tout élève entrant en première générale. Le cas des premières technologiques est différent, et nous n’auront pas la place de le traiter. En effet, les spécialités proposées pour la voie technologique dépendent de la filière dans laquelle s’inscrit l’élève.

En première et terminale générales, donc, voici la longue liste des choix possibles :

Le site du ministère donne plus de détails sur ces différents choix.


Étape 1 sur 2

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