« Vive les vacances, plus de pénitences, les cahiers au feu, les maîtresses au milieu !» Voilà bien longtemps, ce me semble, que plus personne ne chantonne cette curieuse rengaine, qui date d’un temps où les grandes vacances duraient trois mois entiers, d’ailleurs. Trois mois à ne pas travailler du tout pour une bonne partie des enfants, et à la clef l’impression d’avoir tout oublié à la rentrée ! Avons-nous changé de paradigme ?

Une rupture nécessaire

En fin d’année scolaire, comme d’ailleurs pendant les petites vacances, il est indispensable de souffler. Notre mode de vie actuel, hyperconnecté dès le collège, est propice à la surcharge mentale. L’activité physique de la plupart des enfants et adolescents, en revanche, est très insuffisante. Bref : pour être frais et dispos en septembre, pas question de reprendre l’intégralité des programmes, ni de travailler tout l’été. Même si on a des choses à rattraper, il faut s’offrir une période de détente !

Néanmoins, il ne faut pas se leurrer : en septembre, les cours redémarrent sur les chapeaux de roue, et il est bien plus facile de se remettre dans le bain quand on a travaillé un minimum durant l’été. Le cerveau efface facilement ce dont on ne se sert pas pendant deux mois. Tout est donc question d’équilibre…

Faire une pause, une nécessité !

Des révisions ciblées

Par conséquent, il est essentiel de cibler ses révisions. Quels sont les sujets qu’on va travailler ? Comment ? 

Choisir quoi travailler

Toutes les matières peuvent être révisées… mais il ne s’agit évidemment pas de revoir en deux mois ce qu’on a mis une année scolaire à assimiler. Au contraire, il faut savoir si on souhaite :

  • Combler les lacunes – et lesquelles ;
  • entretenir les connaissances ;
  • aller plus loin… 

Pour être efficace, il est important de jeter un œil aux programmes de l’année à venir… de quoi aura-t-on besoin en priorité ? Le maîtrise-t-on ? Au collège et au lycée, ce repérage, essentiel, peut difficilement être réalisé sans aide par l’intéressé ; il ne faut pas hésiter, à défaut de s’en charger, à en charger un tiers si nécessaire.

Comment ?

Si on planifie des révisions sur une longue période, un mois par exemple, il est sage, sauf déscolarisation antérieure,  de ne pas prévoir plus de 2h par jour. (On peut prévoir moins, en revanche…) Inutile d’en avoir par-dessus la tête avant même la rentrée !

Plus fréquemment, on privilégie un format court, deux ou trois heures par jour pendant une semaine par exemple. Dans ce cas,  il est encore plus essentiel de cibler une ou deux matières seulement, et choisir quelles notions seront ciblées en amont. “Revoir le programme” de maths ou de français de seconde, par exemple, n’a pas grand sens en une dizaine d’heures ! Il faut sélectionner des éléments de ce programme – en nombre raisonnable.

Enfin, même en mode « révisions », alterner théorie et pratique est essentiel ; attention à ne pas sacrifier l’une ou l’autre pour en faire davantage, ce qui serait contre-productif.

Et en pratique ?

Des supports prévus pour

On ne présente plus les cahiers de vacances traditionnels, bien pratiques pour occuper les enfants y compris quand on n’a pas de réseau, que vendent toutes les bonnes enseignes, hypermarchés compris. Hatier, Nathan, T’choupi, Passeport…tout le monde s’y est mis. Leur contenu est inégal, mais ils permettent que l’enfant revoie en autonomie, facilement, presque toutes les matières. Ces cahiers proposent essentiellement des exercices sans difficulté, de petites évaluations plutôt simples ; ils ressemblent aux cahiers d’exercices parfois utilisés en classe, en beaucoup plus sommaires puisqu’ils sont multi-matières. Leur objectif est que de rafraîchir les connaissances de base. Corrélat, si votre enfant aime travailler, il aura probablement fini en six jours (au plus !) et sera un peu frustré !

Voici d’autres pistes, pour un travail estival mieux ciblé :

En primaire :

Au collège, au lycée :

  • Toujours les maths mentales
  • L’intégrale d’une saison de la série préférée de votre collégien, mais en anglais sous-titré anglais…
  • Pour travailler l’orthographe, le Projet Voltaire propose des modules destinés aux adolescents et aux familles ;
  • Par ailleurs, certains organismes de soutien scolaire proposent eux aussi leurs cahiers de devoirs de vacances, dans une matière donnée.

Des apprentissages au fil des jours

On peut apprendre des tas de choses sans faire des devoirs pour autant. Le fameux séjour linguistique en immersion (mais y aura-t-il des francophones?) en est une illustration.  Il existe maintenant des séjours à thème, y compris en France d’ailleurs, qui déclinent ce modèle. N’oublions pas, néanmoins, qu’il existe bien des façons d’assimiler ou de revoir des connaissances utiles en classe, y compris sans y penser.

Découvrir

Vous êtes en vacances en Grèce, en Italie ? Aux Etats-Unis ? Au Pérou ? Visiter des ruines ou un musée, c’est bien, mais le faire intelligemment, c’est mieux ! Quand on prépare une visite, qu’on note le nom et l’histoire des monuments et des œuvres qu’on a la chance de découvrir, on travaille sa culture. Et quand on fait le lien avec ses cours de littérature ou d’histoire, c’est encore mieux… on révise et on ne s’en rend même pas compte ! De même, faire de la plongée peut être l’occasion de revoir ses SVT – on apprend des choses sur la faune et la flore marines mais aussi sur la respiration – et de la physique, car il est beaucoup question de pression. Géologie en randonnée, latin en visitant une église… Evidemment, on ne précise pas “et pour l’école prend des notes, regarde ça te permet de réviser ton français, j’espère que cette fois tu t’en rappelleras pour ton cours de chimie” toute la journée. En revanche, on n’hésite pas à exploiter les rapports avec des notions étudiées, à poser des questions… La façon naturelle d’apprendre, c’est de réinvestir, et de faire des liens.

Lire, écrire, parler ! 

Emporter des romans, n’importe lesquels, sur Kindle ou pas, est déjà judicieux. Choisir des ouvrages en rapport avec les programmes l’est encore davantage. Si on fait l’effort de resituer ceux-ci par rapport à ce qu’on a déjà étudié, c’est parfait !

Côté écriture, autant ne pas faire l’impasse sur les révisions orthographiques ! Si le journal de voyage est une très bonne option, la carte postale, le mail, voire le sms sans faute d’orthographe pour informer Mamie de vos étapes sont de bonnes façons de réviser.

Evidemment, si vous voyagez dans une contrée dont vos enfants apprennent la langue, c’est l’occasion de leur proposer de prendre en charge des échanges simples avec les commerçants, les serveurs, le personnel hôtelier, etc. 

Faire

Enfin, on révise aussi en fabriquant des choses, en en organisant d’autres, et l’été peut en être l’occasion. Bien sûr, tout le monde ne passe pas ses vacances à faire des travaux manuels… Mais cela vaut le coup, le cas échéant, de charger nos enfants de quelques tâches faisant appel aux connaissances scolaires, qu’il s’agisse d’utiliser la trigonométrie pour découper les quiches du pique-nique en six parts égales ou la poussée d’Archimède pour savoir qui a ramassé le plus gros caillou (sur la plage, on a plus souvent un verre ou un seau qu’une balance !)

En bref, nos enfants ne travailleront pas tout l’été. Ceci posé, reste deux cas à différencier :

  • En cas de besoin, les vacances sont le moment idéal pour un renforcement dans une matière donnée, avec en particulier des cours intensifs ponctuels.
  • Par ailleurs, il est fructueux de revoir, par petites doses, de la façon la plus agréable possible, ce qu’on a appris pendant l’année.

Étape 1 sur 2

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