Gagner en méthodologie ? | Soutien scolaire | Le Bon Binôme

Pas un jour sans qu’on en entende parler, de la sacro-sainte « méthodo. » « Il manque de méthodologie », « méthodologie pas acquise », « faites-lui un peu de méthodologie ! » Faute d’être clairement intégrée dans les programmes scolaires, elle est devenue l’incontournable ingrédient du cours à domicile, et l’arme majeure des professeurs particuliers. Quelle est donc cette matière secrète qui sauve les scolarités ? Rien de si neuf, à vrai dire. Cependant, pendant longtemps, elle ne manquait pas…

Le terme est savant – souvent sans raison. Comme on entend « problème sociologique » quand il faudrait dire « problème social » tout simplement, la mode est au « problème de méthode » appelé « problème de méthodologie. » Au sens strict, la méthodologie, c’est la science de la méthode. Le pédagogue doit pratiquer la première afin d’inculquer la seconde… Bref, manquer de méthodologie, ce n’est jamais que manquer de méthode. Comment se fait-il que soudain les enfants n’en aient plus ?

Méthodologie autonomie soutien scolaire Le Bon Binôme

La méthodologie, une question de génération ?

A cela, deux raisons : les enfants ne sont plus les mêmes ; les cours ne sont plus les mêmes. Les enfants, d’abord : moins attentifs, plus « zappeurs », habitués à comprendre avant d’apprendre. Ils se révèlent réticents à suivre les étapes quand ils pourraient aller à l’essentiel sans détailler. On oppose souvent la récompense presque immédiate et l’adrénaline permanente du monde du jeu à l’effort plus durable, et en apparence plus stérile, du monde scolaire…  Mais si en effet les enfants rechignent à acquérir ce qui demande des efforts constants pour être maîtrisé, il faut bien admettre que la façon dont l’enseignement est dispensé ne les aide pas.

La question du programme scolaire

Autrefois le cours était magistral, la dissertation tripartite (thèse-antithèse-synthèse…) dans presque toutes les matières. Il n’était pas si compliqué d’assimiler le mode d’emploi de la réussite scolaire. Connaitre ses formules permettait de réussir en maths. Connaître ses dates, en histoire. Nos parents avaient fait de même et savaient nous l’expliquer.

Il est aujourd’hui plus difficile de prédire à la fois à quoi va ressembler le cours, ce qu’il aura fallu faire avant de le suivre, ce qu’on devra en faire, sur quoi le devoir va porter, ce qui sera évalué. Les parents sont souvent bien en peine de comprendre ce que les professeurs attendent… Dans nombre de cas, hélas, les professeurs semblent l’être aussi. Tout travail personnel, pour être bon, doit répondre à une série de consignes qui ne sont pas toutes explicites, ni toutes simples à expliciter. Voilà pourquoi le « cours de méthodologie » est souvent préféré au traditionnel cours de maths ou aux non moins traditionnelles sessions de révision du brevet ou du bac.

De l’intérêt des cours particuliers : une aide au long cours

Mais pour enseigner cette étrange matière, quelle solution ? Ce n’est pas simple, mais ce n’est pas impossible non plus. La première solution, la plus rapide, est le stage de méthodologie : durant celui-ci, on apprend à mieux comprendre comment on apprend, à savoir quelles approches nous réussissent le mieux – et donc à être efficace pour assimiler ses cours et les utiliser.

Et si l’enfant n’arrive pas à appliquer ce qu’il a appris, ou ne comprend pas ce qu’on attend de lui en devoir? Décortiquer les attentes, confronter le travail décevant de l’élève aux résultats qu’attendait son professeur, est une tâche de longue haleine. En outre, une méthode s’apprend sur la durée, en se pratiquant – une « fiche méthode » toute seule ( cf « comment faire une fiche en mathématiques ») n’aide que ceux qui sont déjà autonomes. C’est là que le cours particulier prend tout son sens !

Il faut du temps pour une remise à niveau, y compris en méthodologie

Néanmoins, il faut se garder de rendre la tâche impossible à celui qui va accompagner l’élève. Inutile de lui enjoindre de “faire apprendre comment travailler.” De même, on ne peut ” faire assimiler la méthode ” sans autre précision. Tout d’abord, il n’est pas de méthode sans objet. « Apprendre » et « travailler » ne sont pas des blocs monolithiques, indépendant des matières et des niveaux concernés. Le cours de français, majoritairement composé d’analyse de texte, ne se travaille pas comme le cours de physique… Rédiger en mathématiques et rédiger en histoire ne sont pas synonymes, etc.

Ensuite, au sein d’une matière même, la « méthode » recouvre bien des réalités différentes : chaque étape de l’apprentissage en suppose une. Pendant le cours, quelle méthode appliquer pour tirer parti de ce que dit – et fait – le professeur ? Chez soi, comment apprendre ( cf « apprendre par cœur, quelques astuces » ) ? Comment réviser ? En devoir sur table, comment s’organiser pour gérer son temps ? Répondre aux consignes ? Atteindre les objectifs de l’évaluation ? Si la « méthodologie » n’est pas constituée de micro-méthodes sans liens entre elles, essayer de s’y attaquer sans privilégier un angle d’attaque est se condamner à l’échec.

Autant dire que, pour régler les problèmes méthodologiques d’un enfant, il va falloir du temps. Celui de cerner ce qu’il fait de travers. Celui aussi de l’aider à se corriger par la répétition de procédés plus efficaces. Force est d’abandonner l’idée d’une propagation automatique des progrès à l’ensemble des matières et des exercices – même si l’amélioration peut en effet être rapide et rapidement se généraliser. Il suffit parfois en effet de peu. La lecture de bonnes copies peut illuminer un élève. Ou encore, mis en confiance, il peut soudain réaliser qu’une unique erreur le pénalise partout !

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