Pour en savoir plus sur la réalité de la formation permettant d’accéder au métier d’orthophoniste mais aussi sur les avantages et inconvénients d’un double cursus, nous avons interrogé Marie. Après une première orientation en sciences biomédicales, elle a choisi de se tourner vers des études d’orthophonie.

Marie, étudiante en orthophonie
Marie est actuellement étudiante en orthophonie

 L’orthophoniste prévient, évalue et traite les déficiences et les troubles de la communication orale et écrite, ainsi que les troubles qui y sont associés 

Marie quel a été ton parcours ?

Pour moi, l’idée de devenir orthophoniste n’était à l’origine pas une évidence.

J’ai réussi mon Bac S en 2014. Puis très intéressée par les sciences médicales et biologiques, j’ai tout d’abord effectué une licence en Sciences Biomédicales. Je me suis envolée pour l’Angleterre pour effectuer ces études. J’’étais en effet bilingue anglais ayant en partie grandi aux USA, et la culture anglaise m’attirait beaucoup. Après 4 ans de licence, toujours incertaine de ce que je voulais faire, j’ai réalisé un master en immunologie à l’université d’Oxford.

Je suis ensuite rentrée en France en 2019 et, après maintes réflexions, me suis inscrite en orthophonie. J’ai été admise dans la promo 2020, à 24 ans, et c’était parti pour 5 ans d’études ! Je suis cette année à Grenade en Espagne pour y réaliser ma troisième année.

Quand as-tu su quelles études ou quel métier tu souhaitais faire ?

Très tard ! Je me destinais plus après ma licence à travailler dans un laboratoire en recherche ou dans l’industrie pharmaceutique.  J’ai ensuite fait un master et je pensais pouvoir récupérer des études de médecine en France. Il existe en effet une passerelle qui permet à la fin du master II de récupérer une deuxième année de médecine. Cela n’a finalement pas abouti pour un problème d’équivalence, et heureusement ! Aujourd’hui je ne regrette pas du tout. Les études d’orthophonie sont passionnantes et ont pour moi tous les bons côtés d’un cursus médicale sans en avoir les mauvais !

« Quelque chose de fondamental me manquait : le sentiment d’aider directement le patient, d’être à son contact »

C’est vraiment à la fin de mon master que je me suis remise en question, et rendue compte que quelque chose de fondamental me manquait dans mes études : le sentiment d’aider directement le patient, d’être à son contact. Je voulais être professionnelle de la santé, cela m’avait pris des années avant que je m’en rende compte !  Je suis toujours aussi passionnée par la théorie biomédicale, mais cela vient maintenant compléter mes études.

Quelles étaient tes matières préférées et/ou fortes au lycée ? 

Au lycée, j’étais plutôt douée en français et en SVT, ce qui, rétrospectivement, correspond bien aux matières requises pour les études en orthophonie. Mais il y a beaucoup d’étudiantes qui n’aimaient que les lettres, et qui s’en sortent très bien, et inversement. Là est l’avantage de ces études, elles sont pluridisciplinaires, il n’y a donc pas de matières spécifiques qui y préparent*. Tous les bacs généraux sont représentés. Je parle des étudiantes au féminin car sur ma promo de 130 élèves nous ne sommes que des filles !!

Qu’est ce qui te plaît dans ton parcours ?

Toutes les matières sont intéressantes !! On fait de la linguistique, de la psychologie qui est passionnante, des sciences naturelles, de la biologie et on étudie de nombreuses pathologies.

Concernant l’ambiance, j’ai commencé ma première année d’orthophonie l’année de la pandémie de Covid, ce qui a un peu tout compliqué car nous étions totalement à distance ! D’autre part je suis un peu plus âgée que les autres et je travaille souvent seule. L’ambiance est sinon bonne, mais nous sommes souvent chacune de notre côté en stage. La recherche des stages qui est très difficile entraine parfois aussi un peu de compétition entre nous.

Qu’est-ce qui est ou a été le plus difficile ?

Le rythme des études en orthophonie est très soutenu. Les cours sont concentrés sur une période assez courte car nous sommes souvent en stage que ce soit chez une orthophoniste mais aussi en crèche, dans une école, en Ephad… Personnellement, je suis avantagée du fait de ma précédente formation car j’ai été dispensée de certains cours et j’ai déjà acquis une certaine discipline de travail.

Le plus dur, mais aussi le plus enrichissant, ce sont les stages. La partie dure n’est pas d’effectuer les stages en soit, mais de se sentir légitime. J’ai parfois eu peur de ne pas savoir quoi faire, de ne pas être à ma place, ou pas encore assez qualifiée pour prétendre faire ce que je faisais.

Le seul regret que je pourrais avoir du fait de ma précédente formation, c’est d’être un peu plus âgée que les autres étudiantes. Mais je suis très contente de mon parcours qui aura été très riche et m’a permis d’en arriver là où je suis.

Quels sont tes projets pour la suite ?

Terminer mes études serait déjà une belle réussite !

Je reste passionnée par la recherche, j’aimerais donc pouvoir allier la recherche en orthophonie à la pratique . C’est un domaine encore très jeune et pour moi qui ai en plus un diplôme de recherche, je pense qu’il y a beaucoup à faire.

Si tu pouvais recommencer, referais-tu le même parcours ?

Peut-être un peu moins long ! Mais oui, je pense. J’ai adoré mon expérience en Angleterre. Ces années m’ont forgée, fait grandir, et m’ont finalement amenée vers mes études actuelles. Je ne serais peut-être pas en orthophonie si je n’avais pas autant hésité avant. J’ai aussi beaucoup appris, donc je suis très contente.

Quelles sont les qualités essentielles pour réussir ses études d’orthophonistes ?

Je pense que la motivation est essentielle. Ce sont des études qui sont dures et exigeantes. Il est important de savoir pourquoi on est là et si on est vraiment motivé. Surtout que les stages auprès d’une orthophoniste ne débutent qu’en 2e année, il faut donc pouvoir tenir un an sans trop voir le métier de près, ça peut être difficile.

Je pense aussi qu’il faut être assez discipliné et être à l’écoute des professeurs et des maîtres de stage. La charge de travail est vraiment importante. On doit donc savoir (ou apprendre) à être à jour sur les cours, à les travailler de la meilleure façon (chacun a la sienne), pour éviter les gros coups de stress les semaines avant les examens.

Et pour finir je dirais qu’il faut avoir envie d’aider les autres. C’est quand même la base de notre métier !

Aurais-tu 3 conseils à donner à un élève qui voudrait suivre le même parcours ?

1 – Aie une bonne discipline de travail

2 – Renseigne-toi bien sur les débouchés pour rester motivé

3 – Ose te « tromper » d’orientation après le bac pour rebondir ensuite, c’est très enrichissant et cela te laisse le temps de mûrir !

Découvrez les autres parcours d’étudiant

Claire, étudiante en école d’ingénieur

Guillaume, étudiant en école de commerce

Andrée, étudiante en Médecine

Cara, étudiante en prépa littéraire

Benoît, étudiant en droit

Noam, étudiant à l’Imperial College London

Juliette, étudiante à l’AgroParisTech

* Depuis 2020, l’admission en 1ère année ne se fait plus sur concours mais sur dossier avec un entretien oral (l’année 2020 a été une année charnière au cours de laquelle les 2 modes de recrutement coexistaient encore). Moins d’élèves font maintenant une prépa. Certains arrivent à entrer en première année juste après le bac. Ils ont de ce fait un très bon dossier (pour lequel les notes de français et philosophie ont un assez fort coefficient), une appétence pour les sciences et de bonnes capacités à l’oral.


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