Langues, littératures et cultures étrangères et régionales

La réforme du lycée divise et inquiète… Néanmoins, elle offre des opportunités qu’il est judicieux d’exploiter. A n’en pas douter, la spécialité langues, littératures et cultures étrangères en fait partie. Si la plupart des élèves qui la prendront choisiront sans doute l’anglais, quatre déclinaisons sont prévues : anglais, allemand, espagnol, et italien. Il n’y aura donc pas de langues rares – sinon les langues régionales ayant (localement) droit à une spécialité aussi.

L’offre de formation risque d’ailleurs d’être très déséquilibrée, entre culture anglo-saxonne, germanique, hispanique et… surtout italienne ! Les cultures étrangères ayant chacune leur spécificité, chaque langue aura son programme propre : deux thématiques spécifiques en première, trois en terminale. A quoi s’ajoutent d’ambitieux principes communs.

Littératures et cultures ?

Sans surprise, le programme officiel de ladite spécialité affiche l’ambition de développer de concert culture générale et compétence linguistique. Quant à la littérature… pourquoi l’évoquer à part, comme hors de la culture ? De quelle culture « a-littéraire » s’agit-il donc ?

On notera tout d’abord que les textes littéraires suggérés couvrent une vaste période : en anglais, ils vont de Shakespeare à Ishiguro (The Remains of the Day, 1989). Tous sont des classiques, beaucoup – et pas forcément les plus compliqués – des incontournables des études secondaires dans les pays où se parle la langue étudiée, tels The Great Gatsby ou To Kill a Mockingbird aux Etats-Unis. La science-fiction et la littérature d’épouvante sont bien représentées dans la sélection anglo-saxonne, objets d’étude obligent : « utopies et dystopies », « imagination créatrice et visionnaire », « imaginaires effrayants. »

Ainsi, la dimension littéraire ne fait aucun doute ; et l’aspect culturel ? Il faut comprendre la dimension culturelle (et interculturelle) nettement plus largement : feuilletons, films, lecture d’articles d’actualité ou scientifiques, font partie des supports incontournables de l’enseignement. Manifestement, l’objectif est que les élèves deviennent capables d’évaluer un contenu, de prendre position par rapport à celui-ci, de s’exprimer à son sujet, comme ils sont capables de le faire en français sur des supports francophones.

Salle avec plusieurs drapeaux étrangers

Les compétences linguistiques

A l’issue de leurs deux années de spécialité, les lycéens devraient être capables de parler et d’écrire couramment – y compris des textes longs, structurés, de qualité. Il s’agit indéniablement de développer un véritable bilinguisme. La spécialité langues, littératures et cultures étrangères diffère clairement des cours de langues vivantes proposés via le tronc commun. Certes, l’apprentissage des langues est destiné à tous, car indispensable à l’insertion professionnelle. Mais si la pratique écrite et orale est déjà assurée, le cursus spécialisé ne permet pas seulement de plonger dans les cultures étrangères, mais bien d’acquérir des compétences pointues : expression écrite fluide et précise, aisance orale, compréhension fine. Il s’agira de consolider et de développer les acquis, en parallèle avec la poursuite des cours de langue vivante.

Langues, cultures et littératures étrangères : les grands principes

Pour ce faire, de grands principes sont communs aux déclinaisons de la spécialité en différentes langues ; différencier au maximum les enseignements pour permettre à tous de progresser quel que soit le niveau de départ, maximiser l’exposition à la langue écrite comme orale, travailler la langue et travailler sur la langue (médiation, initiation à la traduction.) Les élèves devront être capables, en fin de parcours, de lire des œuvres intégrales en langue étrangère.

Outils traditionnels, outils numériques

L’exposition à la langue choisie est donc centrale. Afin de l’assurer, on prévoit qu’elle ne se limite pas aux heures de cours. En classe comme en dehors de la classe, visionner films, séries et vidéos, écouter des enregistrements ou des directs, sera nécessaire. Lire beaucoup aussi… échanger via internet avec des natifs… C’est en effet à ce prix qu’on devient bilingue. Et qu’on peut, par exemple, envisager d’étudier dans un ou des pays anglophones après son bac ! Outre les programmes Erasmus, une inscription directe après le baccalauréat pourra certainement être envisagée par nombre d’élèves. Même s’ils ne souhaitent pas se spécialiser dans les langues, ceux-ci tireront forcément profit de leur choix : le bilinguisme ainsi acquis permettra aux étudiants concernés de briguer, dans tous domaines, des postes requérant un bon niveau en langues étrangères.


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