On parle beaucoup de troubles dys, de troubles de l’attention, et beaucoup de parents s’interrogent : et si les difficultés scolaires de leur enfant venaient de là ? Néanmoins, ces troubles constituent des handicaps reconnus, durables, qu’il ne faut pas confondre avec une concentration défaillante — si fréquente — ni avec une écriture « de cochon »… On fait le point !

Qu’est-ce qu’un handicap cognitif ?

Les troubles cognitifs affectent la capacité de perception et de cognition, la mémoire, et la capacité à résoudre des problèmes et à prendre des décisions (fonctions exécutives). La fluidité d’expression orale (ou fluence verbale) peut aussi être affectée. si ces troubles peuvent intervenir au cours de la vie – les personnes âgées en particulier sont concernées – certains d’entre eux apparaissent dans l’enfance. Ils ne sont pas curables, mais on peut – et doit – les prendre en charge et chercher à les compenser au maximum. Ils sont reconnus comme des handicaps.

Ainsi, un enfant dys, TDAH… est un enfant handicapé. Cela est souvent difficile à accepter par les intéressés comme par leurs familles, car une telle étiquette stigmatise. On préfère parler de différence… L’un et l’autre se justifient. Il est néanmoins indispensable de poser les choses clairement. En effet, un handicap n’apporte pas seulement des problèmes, mais confère aussi des droits !

Handicap cognitif et scolarité

Un individu dyslexique ou dyscalculique passe inaperçu tant qu’il n’a pas à fournir la tâche cognitive qu’il est incapable de réaliser : pas de canne, pas de fauteuil, rien de visible. Quand le comportement de l’enfant concerné est affecté, rares sont ceux qui réalisent que son insolence, son agitation… résultent de ses troubles cognitifs. Même informés de la situation, les enseignants ont parfois du mal à réaliser ce qui relève du handicap. En effet, il ne s’agit pas seulement de difficultés à écrire, comme on le croit trop souvent !

Les handicaps cognitifs se manifestent de façons variées :

  • Troubles de l’attention, de la mémoire et du langage,
  • Difficultés des activités numériques,
  • Difficultés à lire et écrire,
  • Difficultés à se situer dans les lieux et le temps,
  • Difficultés à accomplir certaines tâches,
  • Perturbation de la participation sociale ou des relations,
  • Inadaptation des réponses.

Autant dire que les enfants concernés sont particulièrement pénalisés dans leur vie scolaire ; si un trouble de cet ordre est suspecté, il convient de consulter le plus rapidement possible. Plus le diagnostic est précoce, meilleures sont les chances que la prise en charge porte ses fruits. On ne guérit pas d’un handicap, mais on le compense avec plus ou moins d’efficacité !

main tendue vers les handicaps

Le diagnostic

La première chose à laquelle on pense, en cas de possible trouble cognitif, est le recours à un orthophoniste, d’autant que la dyslexie est le trouble le plus connu.

Néanmoins, il s’agit de handicap. Ainsi, le médecin chargé de poser le diagnostic et éventuellement d’instituer d’autres bilans (ergothérapie, psychomotricité, neuropsychologie – psychologie, etc) doit être spécialisé dans ce type de troubles. Cela nécessite d’avoir suivi un cursus particulier, permettant d’être reconnu par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées.)

Il est généralement nécessaire de réaliser un bilan pluridisciplinaire. Celui-ci peut requérir l’avis d’un orthophoniste, d’un neuropsychologue, d’un psychologue clinicien, d’un psychomotricien, d’un ergothérapeute ou même d’un ophtalmologiste, en fonction des symptômes de l’enfant. Cela prend évidemment un certain temps. Entre le moment où un handicap cognitif est suspecté et sa prise en charge effective par l’institution scolaire, il faut donc s’attendre à ce que s’écoulent, au mieux, plusieurs mois.

La prise en charge par l’institution scolaire

Une fois le bilan effectué et le diagnostic posé, la famille pourra :

  • demander des adaptations pédagogiques via un Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) par le biais d’un médecin de l’Education Nationale
  • obtenir des aménagements aux examens
  • demander une reconnaissance de handicap auprès de la MDPH. Cela permet d’accéder à la mise en place d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS).

Le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) définit avec précision les besoins et les aménagements nécessaires pour l’enfant en situation de handicap. Parmi les dispositions décrites, le recours à une aide humaine peut être requis : on recourt, selon le cas, à un Auxiliaire de Vie scolaire (AVS),  ou à un Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap (AESH). 

Attention : il ne suffit pas de prévenir pour que tout cela soit mis en place. La mise en place de ces aménagement requiert la constitution d’un dossier spécifique. Une concertation avec le médecin scolaire et l’administration sera nécessaire. Il faut aussi prévenir le professeur principal, voire tous les professeurs, et leur expliquer le problème ! Dans le cas contraire, il est fréquent que les règles d’aménagement ne soient pas appliquées.

La prise en charge par les spécialistes

Les aménagements scolaires permettent à l’enfant atteint de troubles cognitifs de mieux trouver sa place à l’école, au collège, au lycée ou… dans le supérieur. Néanmoins, il est indispensable d’aider cet enfant à compenser son handicap grâce à un suivi régulier : orthophonie, ergothérapie…

Certaines activités extra-scolaires (la musique pour les dyspraxiques, par exemple) sont aussi conseillées. Par ailleurs, faire appel à un professionnel des apprentissages comme un orthopédagogue peut être très efficace.

Enfin, la plupart de ces enfants ont besoin de travailler davantage chez eux que la moyenne. Avoir recours à des cours particuliers peut soulager les parents !


Étape 1 sur 2

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