La mathophobie : quand les mathématiques nous terrifient

Le système français forme des mathématiciens de renom et peut revendiquer la 2ème place du classement des pays fournisseur de médaillés Fields. Les mathématiques sont pourtant une des matières les plus redoutées et la France occupe la dernière place du classement sur l’enseignement des maths selon le classement des pays de l’OCDE par PISA.

Les personnes redoutant les mathématiques en France sont nombreuses. Pour beaucoup d’entre elles, on évoque un blocage en maths. De quoi s’agit-il ? D’où vient ce blocage ? Comment peut-on l’éviter ? Nous avons mené l’enquête.

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Pourquoi as-t-on peur des maths ?

La phobie des maths : qu’est-ce que c’est ?

Panique en devoir, anxiété, crise d’angoisse à l’approche de l’épreuve de maths du bac ou du brevet, les mathématiques cristallisent beaucoup de sentiments, souvent négatifs. On parle parfois de phobie des maths. C’est d’ailleurs en mathématiques que sont donnés la majorité des cours particuliers en France (1 cours sur 2 en France).

J’ai toujours eu des difficultés en maths et depuis que je suis enfant, dès qu’on évoque un calcul à faire ou quelque chose qui se rapproche des maths, je fuis !

Frédérique, 44 ans

En quoi consiste la phobie des maths ?

Les mathématiques sont une matière qui demande de l’abstraction. Elle nécessite, quand on la pratique, de retenir des informations en mémoire puis de les manipuler.

Cette mémoire que les mathématiques utilisent est la mémoire de travail (en savoir plus sur les différents types de mémoire ). Cette mémoire est particulièrement sensible aux émotions. Quand un enfant ressent du stress devant un devoir de maths, il a du mal à utiliser cette mémoire de travail.

C’est pour cela qu’un élève peut savoir résoudre un problème de maths seul au calme chez lui, mais en évaluation (interrogation ou devoir), en situation de stress, il s’en trouvera incapable.

Chez les individus non phobiques, le stress peut générer un peu d’inhibition mais aussi de la motivation ! Au contraire, chez l’individu phobique, le stress n’aura qu’une action : l’inhibition de ses capacités mentales. 

Tout cela fait que des enfants intelligents, capables de raisonner, se trouvent terrorisés devant une copie de maths.

L’impact : les phobiques vont mettre en place des stratégies d’évitement pour ne pas avoir à calculer ou manipuler des chiffres.

Pour beaucoup d’élèves bloqués, travailler plus les maths (ce qui est souvent le premier conseil qui leur est prodigué) va accroître leur anxiété. Cela les ancre dans leur souffrance. Or la 1ère souffrance pour eux est l’impossibilité de travailler. Un enfant a envie de bien faire pour lui, pour ses parents, pour ses profs. Avec une phobie, il en est empêché.

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Les mathématiques : un terrain particulier pour le stress

Mais pourquoi cette phobie touche-t-elle plus particulièrement les élèves en maths ? Plusieurs facteurs l’expliquent : les mathématiques sont une matière avec beaucoup d’enjeux, utilisant un langage particulier.

Une matière à enjeux

>> Une matière de sélection en France

Les maths sont une matière de sélection : les écoles les plus prestigieuses (Polytechnique pour les Écoles d’Ingénieurs ou HEC pour les Écoles de Commerce) recrutent par les mathématiques. A HEC, formation pourtant commerciale, plus d’un tiers de la note dépend des seules mathématiques.

>> Une matière synonyme de réussite scolaire

La réussite en mathématique est souvent perçue comme synonyme de réussite scolaire. Un enfant ayant un bon niveau général va être orienté en S. Cela devrait changer avec la réforme du bac 2021, en permettant aux bons élèves de construire un parcours à la carte, alors qu’avant il leur était généralement conseillé d’aller en S.

Une matière et un langage particulier

>> Un langage à part entière

Le langage mathématique est particulier. Il faut apprendre de nouveaux signes, il faut apprendre à travailler avec des inconnues. Cette particularité est d’autant plus forte depuis l’introduction des maths modernes dans les années 1970.

>> Les mathématiques modernes, mathématiques maudites ?

Elles ont rendu l’enseignement des mathématiques très abstrait. Et même si l’Éducation Nationale a fait machine arrière dans les décennies suivantes, le programme a été désossé au passage : certains reprochent d’en avoir enlevé tout le liant, rendant son apprentissage plus difficile.

Par manque de temps, on apprend des recettes. Par exemple : pour mettre les nombres d’un côté et les inconnus de l’autre, on dit que « l’on fait passer un nombre de l’autre côté du chiffre égal ». On dirait un tour de passe-passe. Or il y a un sens.

>> Un enseignement peu adapté aux kinesthésiques

Les mathématiques sont un enseignement qui ne correspond pas forcement aux kinesthésiques. En effet car le prof montre, on écoute, on note, on refait, alors qu’un kinesthésique a besoin de ressentir : compter sur ses doigts par exemple, manipuler des objets. C’est pour cela que le dernier rapport de Cédric Villani propose de s’inspirer des méthodes qui fonctionnent comme la méthode Singapour, assez axée sur la manipulation.

>> Une matière particulière

C’est une matière qui peut paraître abstraite et qui peut donner souvent l’impression que les mathématiques ne servent à rien.

>> Le mythe de la bosse des maths

La fameuse bosse des maths : une abstraction et une méconnaissance qui peuvent nous faire croire que l’on naît bon en maths ou mauvais en maths. Et que ces qualités sont acquises, ou non acquises, ad vitam aeternam. Quand un parent a été conflit avec les maths, il peut ainsi le transmettre involontairement son stress à son enfant. Le pire est que certains croient que c’est génétique.

J’ai souvent entendu des remarques comme “ma fille n’est pas matheuse mais cela ne m’étonne pas du tout, j’ai moi-même toujours eu horreur des maths”.

L’inverse peut être vrai : une mère ou un père très matheux qu’on ne sent pas capable d’égaler… ou de satisfaire, peuvent nous empêcher de progresser.

>> La question de l’enseignement

En France, 30% des postes de professeurs de mathématiques ne sont pas pourvus chaque année. Quant à l’enseignement des maths au primaire, il peut interroger quand on sait que « près de 80% des étudiants qui se prédestinent à devenir professeur des écoles sont titulaires d’une licence en Lettres, Arts ou Sciences Humaines ». Par ailleurs avec 80 h de formation pour les profs, contre 400 h à Singapour (les rois de l’enseignement des maths), la France fait pâle figure.

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Comment éviter un blocage en maths ?

Rassurez-vous : ce n’est pas une fatalité, on peut s’en sortir !

Essayer de s’apaiser : un peu de psychologie

Qui craint de souffrir, il souffre déjà ce qu’il craint.

Michel de Montaigne

Les plus hauts niveaux d’anxiété des mathématiques et de douleur ont été enregistrés avant les exercices de mathématiques et non pendant. Ce qui veut dire que l’anticipation serait plus douloureuse que l’exécution.

>> On se relaxe

Notre premier conseil est d’apprendre à se relaxer. Eh oui, se relaxer, ça s’apprend : il faut s’entraîner ! Méditation, sophrologie, respiration calme, balade, musique etc. utilisez la solution qui vous convient le mieux.

>> Décrivez vos émotions

Notre 2ème conseil : externaliser vos émotions en écrivant ce que vous ressentez .

La recherche montre aussi que la performance des élèves anxieux s’améliore lorsque ces jeunes mettent sur papier leurs émotions avant de s’adonner à une évaluation. Externaliser l’anxiété semble donc réduire ses effets négatifs.

Sain Beilock, professeur de psychologie

On se rappelle que personne ne naît bon ou mauvais en maths !

Personne ne naît matheux ou a la bosse des maths. Il n’y a pas de destin figé !

On travaille avec méthode

>> Demander une aide extérieur

Parfois le blocage est déjà en place et on ne sait pas comment s’en sortir seul. Le premier réflexe est d’en parler à son professeur et à ses parents pour essayer de le dépasser.

Il peut également être utile de faire appel à un prof particuliers qui pourra t’aider à reprendre confiance grâce à des cours particuliers de maths.

Suivez ce lien pour plus d’information sur nos cours de soutien scolaire à domicile en mathématiques.

>> Décomposer un gros problème… en de petits problèmes

Un gros problème de maths c’est un ensemble de petits problèmes. Alors on prend la 1re question, on cache les suivantes et on essayer d’y répondre sans se préoccuper du reste. Puis, une fois que l’on a répondu à la 1ère question, on passe à la suivante.

Souvent on angoisse parce qu’on ne sait pas comment travailler, on ne sait pas évaluer son niveau. Si vous échouez sur certaines notions en seconde, c’est que parfois des notions de 5ème n’ont pas été assimilées.

>> Comprendre et pas seulement apprendre

Les mathématiques demandent à être bien comprises avant d’être assimilées par le cerveau. En effet le fait de comprendre son cours n’est pas suffisant, il faut savoir l’appliquer, savoir l’utiliser au sein d’exercices d’application. S’entraîner permet de s’assurer que les connaissances sont bien assimilées, que l’on comprend l’utilité de son cours dans un problème mathématique, et que l’on sait l’exploiter.

De plus, s’exercer permet de mieux mémoriser des principes théoriques, et ainsi d’être moins dépendant de sa mémoire et du stress, qui peuvent nous faire oublier des points importants le jour de l’examen.

Créer une routine

Mettre en place une routine quotidienne : accorder un temps précis pour les mathématiques : j’apprends mon cours, je refais les exercices faits en cours et enfin je prépare les exercices pour la prochaine séance.

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