La dissertation, école de la pensée ? | Le Bon Binôme

La dissertation est un exercice mythique. Faire une dissertation, une sorte de rite de passage… On l’envisage facilement comme le dernier héritage du passé flamboyant d’un système scolaire qui “n’est plus ce qu’il était”.

Corrélativement, nombreux sont ceux qui fustigent cet exercice qu’ils affirment désuet et creux. Ils lui reprochent en outre d’être typiquement français, ou du moins de ne pas être pas anglo-saxon – défaut tout relatif…

Un peu d’histoire…

Introduite au lycée à la fin du XIXeme siècle, en philosophie puis dans les autres matières « nobles » (c’étaient à l’époque les matières littéraires…) la dissertation s’est vite imposée comme un outil permettant d’apprendre à penser. Jusqu’à la fin du XXeme siècle, elle avait une structure unique, en trois parties, thèse-antithèse-synthèse – soit ce qu’on appelle aujourd’hui plan dialectique. Le « plan Sciences Po » en deux parties était une exception remarquable mais isolée. Personne ne parlait de plan analytique et encore moins de plan thématique…

Et puis tout a changé… et plus personne ne s’y retrouve.

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La dissertation, dans quelles matières ?

C’est d’abord en français, via le « sujet argumentatif » ou « sujet de réflexion » du collège, qu’on découvre la dissertation. Ce sujet de réflexion peut être évalué lors de l’épreuve écrite du brevet, même si la plupart des élèves choisissent le sujet d’imagination. En outre, on commence, au collège, à demander, en histoire ou en SVT, des réponses argumentées qui préparent elles aussi à cet exercice.

Au lycée, la dissertation se pratique officiellement en français, puis en philosophie. Néanmoins, la composition d’histoire-géographie , celle de sciences économiques et sociales (SES), ne sont autres que des dissertations. En biologie, en géologie, la dissertation est un exercice phare des études supérieures, tout comme en droit ; si la dissertation juridique a comme la dissertation philosophique ses spécificités, si une épreuve d’admissibilité aux grandes écoles ou d’agrégation n’est pas similaire à celles du bac philo en STMG, l’exercice garde une unité. Et il est bien sûr une pratique courante dans les classes préparatoires littéraires et économiques !

Pourtant, pour beaucoup d’élèves, il s’agit d’un exercice strictement littéraire, qu’ils essaient de contourner en faisant des commentaires, car philosophie comme français laissent aux candidats aux examens le choix entre plusieurs types d’épreuves.

Ainsi, au bac de Français, même l’écriture d’invention, si risquée, est plus populaire ; les élèves de Première ne sont que 10 à 15% à prendre la dissertation. L’impasse faite sur cet exercice laisse songeur : pourquoi s’efforcer de ne pas apprendre à structurer sa pensée ?

La dissertation : un exercice très formateur

Manque d’arguments, d’exemples, d’informations sur le contexte de la citation qui constitue l’énoncé, peur du hors sujet, les raisons de renoncer sont légion. Se sentir incapable de comprendre la question posée, de reformuler les termes du sujet, de faire un plan équilibré, est normal au départ, et bien peu agréable.

Pire, on se sent dépourvu de la culture générale nécessaire, on ne sait pas comment réviser, articuler lectures personnelles et cours, exemples étudiés en profondeur et éléments du sujet de dissertation…

Quant à la difficulté à varier les points de vue, à argumenter, à faire coïncider le raisonnement avec l’annonce du plan, elle se traite à force de s’exercer.

Ce sont des problèmes à régler, mais de mauvaises raisons pour renoncer !

Conseils méthodologiques

La bonne attitude, au contraire, est d’avancer pas à pas vers une maîtrise qui change tout. Savoir faire des dissertations, c’est en effet :

  • Savoir construire une argumentation, la développer et la mener à son terme ;
  • Maîtriser le travail de brouillon : recherche d’idées, plan détaillé.
  • Savoir rédiger ! Maîtriser, en particulier, la formulation et la reformulation d’une idée, les connecteurs logiques, les transitions ;
  • Savoir hiérarchiser et ordonner ses idées ;
  • Savoir convaincre, rendre stimulant, intéressant, ce qu’on explique – pas seulement dans l’accroche de l’introduction !
  • Faire la différence entre des opinions et des thèses argumentées, un sujet donné et un autre qui y ressemble ;
  • Surtout, être capable de convoquer divers éléments appris à des moments variés pour les ré-exploiter – et trier ceux qui sont pertinents de ceux qui ne sont pas nécessaires.

Autant dire qu’il ne s’agit pas tant de réaliser un exercice scolaire, ni de briller au baccalauréat, que d’adopter des outils dont la maîtrise est essentielle durant toute la vie. Une conclusion s’impose : élèves, à vos annales ! Lisez des corrigés ! Soyez stratégiques, ne faites pas l’impasse sur la dissertation !

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