🧠 Haut potentiel intellectuel, gros ennuis ? On a dĂ©cryptĂ© pour vous !

Les enfants Ă  haut potentiel intellectuel se sentent parfois incompris et mal dans leur peau. On les appelle aussi enfants prĂ©coces ou surdouĂ©s. Quel que soit le qualificatif qu’on leur attribue, ces enfants se distinguent par une pensĂ©e singuliĂšre, rapide, abondante. Bien souvent, ils mettent au dĂ©fi leurs parents et le systĂšme scolaire.

Mais qu’est-ce qu’un enfant Ă  haut potentiel intellectuel ? A partir de quand parle-t-on de haut potentiel ?

ObjectivĂ© par des tests cognitifs et un bilan psychologique, un enfant Ă  haut potentiel intellectuel se caractĂ©rise par un mode de fonctionnement cĂ©rĂ©bral singulier, mais pas seulement. Des travaux scientifiques ont permis de mettre en Ă©vidence ces intelligences particuliĂšres grĂące Ă  l’imagerie cĂ©rĂ©brale.

Sommaire

EspĂšce d’intello !

« Manon, je ne peux pas avoir une meilleure moyenne qu’elle, elle a 150 de QI ! Â» Le signe le mieux connu de la prĂ©cocitĂ© intellectuelle, ou haut potentiel, c’est l’obtention, aux tests de quotient intellectuel, d’un score supĂ©rieur Ă  130.

D’oĂč cette fausse Ă©vidence : ceux qui l’obtiennent, et appartiennent donc aux quelques 3 Ă  5% d’individus les plus intelligents, ont tout pour rĂ©ussir. Ils n’auraient pas Ă  se fatiguer, ils rĂ©ussiraient tout ce qu’ils veulent. Si leurs rĂ©sultats dĂ©cevaient, c’est bien parce qu’ils le feraient exprĂšs. On est jaloux, voire haineux, c’est trop facile pour eux. Ratent-ils ? Ils exagĂšrent, on leur en veut.

Cette vision est un peu caricaturale, certes. Ces rĂ©actions sont nĂ©anmoins trĂšs frĂ©quentes, non seulement parmi les camarades de classe d’un petit « prĂ©coce Â», mais aussi chez ses professeurs voire chez l’enfant lui-mĂȘme. Car les enfants (et les adultes) dotĂ©s d’un haut potentiel, outre qu’ils sont fort susceptibles, s’en veulent trĂšs facilement.

Or l’enfant dit « prĂ©coce Â» – ou encore Ă  « haut potentiel intellectuel Â», puisqu’on ne dit plus « surdouĂ© Â» – ne se caractĂ©rise certainement pas par une plus grande capacitĂ© Ă  obtenir de bonnes notes. Par rapport Ă  celle de la plupart de ses camarades, son intelligence n’est pas « la mĂȘme en mieux Â». Il ne s’agit pas non plus, malgrĂ© le terme, d’une intelligence en avance de quelques annĂ©es. L’enfant « HPI Â» est diffĂ©rent, sa maturitĂ© est trĂšs inĂ©gale, et sa capacitĂ© Ă  profiter d’un enseignement calibrĂ© pour des Ă©lĂšves qui ne lui ressemblent pas s’en ressent.

enfant Ă  haut potentiel intellectuel

Haut potentiel intellectuel : un enfant « hyper Â» tout

Du cĂŽtĂ© de l’intelligence, les capacitĂ©s de raisonnement du HP impressionnent, quand elles ne font pas douter. Parfois, l’enfant raisonne si vite qu’il se rĂ©vĂšle incapable de dĂ©composer sa pensĂ©e, de l’expliquer, de la justifier. Il pense « en arborescence Â», et peut poursuivre plusieurs raisonnements Ă  la fois, Ă©couter plusieurs conversations, travailler Ă  plusieurs tĂąches. Il peut lui ĂȘtre difficile, en revanche, de se concentrer sur une seule chose


Faire un travail qui l’ennuie lui semble souvent hors de sa portĂ©e. Sa mĂ©moire est hors normes, et il apprend trĂšs vite, en s’affranchissant bien souvent des mĂ©thodes prĂ©conisĂ©es par les professeurs et les manuels, qui ne lui conviennent guĂšre. Il passe facilement pour un esprit bizarre.

Quant aux Ă©motions, elles sont exacerbĂ©es, comme les sensations d’ailleurs. L’enfant HP remarque beaucoup de choses qui passent inaperçues aux autres. Il est curieux, trĂšs attentif Ă  autrui ; son sens de la justice est intense, et il remet vertement en cause tout ce qui lui semble arbitraire. On le taxe souvent (Ă  raison !) d’insolence quand il a juste l’impression d’essayer de faire apparaĂźtre le sens des choses.

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Et en pratique ?

VoilĂ  l’un de ces enfants devant un devoir de maths : il lit l’énoncĂ©, complexe, et trouve la rĂ©ponse aussitĂŽt. Il l’écrit donc. Il n’a pas les points, trouve cela injuste, se braque. Les autres, qui ont mis cinq lignes Ă  rĂ©pondre, ont une meilleure note que lui alors qu’ils sont juste moins rapides, pense-t-il. En mĂȘme temps, il s’interroge, que fallait-il donc Ă©crire de plus que le rĂ©sultat ?

Comment on le trouve, Ă©videmment, dit le professeur – mais il l’a trouvĂ© d’un coup, il ne sait pas ! D’ailleurs, s’il explique, il risque fort d’ĂȘtre incomprĂ©hensible, car il a adaptĂ© le langage mathĂ©matique Ă  son usage personnel


En voilĂ  un autre devant un questionnaire de lecture : il apprĂ©cie le texte, mais trouve les questions compliquĂ©es. La rĂ©ponse est Ă©vidente, le plus intĂ©ressant n’est pas abordé  il rĂ©pond quelques lignes banales, ou aborde ce qui l’intĂ©resse davantage et fait un hors-sujet. On l’accuse de ne pas faire d’effort, il se sent nul. Et coupable ! Puisqu’il a les capacitĂ©s pour rĂ©ussir, s’il rate, c’est de sa faute, rien que de sa faute.

Haut potentiel intellectuel et image de soi

Nul ou meilleur que les autres, alors ? A vrai dire, l’enfant prĂ©coce a l’impression d’ĂȘtre les deux. Il exige beaucoup de lui-mĂȘme, s’en veut facilement, doute Ă©normĂ©ment. Il en veut tout autant Ă  ceux qui doutent de lui. En milieu scolaire, il souffre souvent : il n’arrive pas Ă  se concentrer sur les cours « trop faciles Â», Ă  la vitesse inadaptĂ©e, et dont le contenu lui paraĂźt pauvre. S’entraĂźner lui paraĂźt une Ă©preuve insurmontable, tout comme apprendre par cƓur ; il accumule les erreurs d’étourderie. Il trouve facilement les autres puĂ©rils, bĂȘtes.

CorrĂ©lativement, la classe le trouve bizarre et se moque de lui – susceptible comme il est, c’est un calvaire. Il est si visiblement Ă©motif qu’il est une victime idĂ©ale de harcĂšlement. Parce qu’il est Ă©pris de justice, il s’insurge facilement contre tout et tous, et on lui reproche sa mauvaise conduite. C’est aussi, parfois, le genre d’élĂšve qui Ă©nerve le prof parce qu’il n’écoute rien et rĂ©ussit quand mĂȘme, suit une autre mĂ©thode et tombe sur la bonne rĂ©ponse, repĂšre les erreurs dans l’énoncé 

RĂ©sultat : l’enfant prĂ©coce se sent mal aimĂ©, incompris, en veut aux autres et Ă  lui-mĂȘme – parfois jusqu’Ă  dĂ©velopper une phobie scolaire. Est-ce qu’il se rattrape Ă  la maison ? Pas forcĂ©ment : les parents les plus aimants, qu’ils soient eux-mĂȘmes Ă  haut potentiel ou pas, peuvent se sentir dĂ©passĂ©s par un enfant si intellectuellement et affectivement exigeant, et qui a tant besoin d’ĂȘtre soutenu.

Ne pas voir tout en noir

A ce point de la lecture, on imagine que l’avenir des malheureux « HP » n’est pas bien riant. C’est une idĂ©e fort exagĂ©rĂ©e : si certains dĂ©veloppent une phobie scolaire, puis s’avĂšrent incapable de garder un travail, d’autres vont au contraire briller dans leurs Ă©tudes et dans leur carriĂšre. Sans parler de ceux qui compenseront tranquillement, et poursuivront des Ă©tudes sans Ă©clats ni difficultĂ©s particuliĂšres, une carriĂšre « normale » qui leur conviendra. 

OĂč est le problĂšme, alors ? Il y en a plusieurs : outre le gĂąchis de ces potentiels mal rĂ©alisĂ©s, le mal-ĂȘtre de nombre de ces enfants et de leurs familles est d’autant plus choquant qu’il n’est pas si difficile de l’éviter. Le diagnostic peut ĂȘtre le premier pas, un accompagnement adaptĂ©, dans un Ă©tablissement spĂ©cifique ou pour complĂ©ter le cursus normal, sont des solutions efficaces, et pas si compliquĂ©es.

Comme le rappelle Olivier Revol, tant qu’un enfant HPI ne souffre pas trop de sa prĂ©cocitĂ©, il s’en sortira Ă  l’Ăąge adulte. Reste Ă  faire qu’il souffre aussi peu que possible !

Olivier Revol, pédopsychiatre : Le triple décalage des enfants à haut potentiel intellectuel

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