Comment motiver mon fils à l'école ? | Le Bon Binôme

« Basile est démotivé, il ne sait plus comment travailler », « Alice est complètement angoissée par les mathématiques, ses notes ne cessent de chuter», « Paul ne s’investit pas du tout dans les langues, il n’en voit pas l’intérêt »

Qu’il s’agisse d’un diagnostic passager ou plus durable, les enseignants et chercheurs en éducation s’interrogent de plus en plus ces dernières années sur la question du manque de motivation. Pour certains enfants et adolescents, en effet, l’école constitue au mieux une contrainte, au pire une forte source d’angoisse. Quels sont les mécanismes de cette « démotivation » ou même “amotivation” (absence de motivation) , quelle (s) forme (s) prend-elle, et quelle(s) solution peut-on envisager pour en sortir ?

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Un désintérêt pour la matière

Traditionnellement, les chercheurs en sciences de l’éducation distinguent deux théories concernant la motivation. D’un côté, la “motivation intrinsèque” se traduit par le goût, l’attrait, l’appétence pour une matière donnée. L’élève prend plaisir à aborder telle ou telle notion, à réfléchir sur tel ou tel sujet.

La “motivation extrinsèque“, elle, ne trouve pas son origine dans la matière, mais dans les objectifs poursuivis en la travaillant. Il s’agit d’avoir une bonne note, une bonne appréciation, envisager tel cursus par la suite qui nécessite une performance donnée.

Si l’élève n’est sensible à aucun de ces deux types de motivation, il aura tendance à délaisser la matière en question.

Au lycée, la question de l’orientation

De la même manière, si l’élève a du mal à définir son projet d’études, ou à comprendre l’intérêt d’une matière à l’égard de son orientation, l’impact sur sa motivation en cours peut être considérable.

Le décrochage scolaire et la résignation apprise

Enfin, la démotivation peut être causée par des échecs répétés dans une ou dans un ensemble de matières. Face à des échecs répétés, l’élève peut en effet développer une forme de résignation, appelée résignation apprise ou acquise ; il attribue à des causes internes (son incapacité) et stables (c’est toujours comme ça) son échec, ce qui lui donne un sentiment de fatalité face à ses résultats. Quoi qu’il fasse et quel que soit l’effort fourni, il estime que l’issue sera forcément la même. En conséquence, il se démotive et se désinvestit progressivement dans la matière.

Quelles solutions pour motiver à nouveau l’élève ?

Il n’y a pas de « remède miracle » concernant le manque de motivation. Ses mécanismes sont provoqués souvent par un ensemble de facteurs sur lesquels nous avons plus ou moins de prise. (Cela peut être la relation à l’enseignant, l’ambiance de classe, pouvant être plus ou moins porteuse..). Toutefois, certaines « clés » nous éclairent pourtant sur les marges de manœuvre possibles

Favoriser l’autodétermination

L’autodétermination, c’est le sentiment qu’a l’individu d’être à l’origine d’une action, d’être acteur de son apprentissage. En résumé, plus l’enfant ou l’adolescent « collabore » à son apprentissage, plus il va être motivé. Il s’agit donc de responsabiliser l’élève au maximum.

Une piste pour nous y aider peut être de se référer aux « biotypes » de l’approche neuro-comportementale (ANC). Ces 8 types de personnalité identifient, les formes de motivation spécifiques à chacun des profils. Ainsi, on pourra susciter la motivation d’un profil « compétiteur » en lui lançant un défi relatif à la matière qui l’intéresse moins. On pourra également motiver un profil « gestionnaire » en élaborant avec lui des sessions de travail planifiées ensemble. On motive un « stratège » en intégrant le travail de la matière donnée dans un projet plus large, etc.
L’important est que l’élève se sente partie prenante et acteur du travail proposé.

Construire son projet d’études

A partir de la seconde, la question de l’orientation se pose clairement. Quel choix de spécialités pour l’année à suivre, en vue de quel projet d’études et professionnel par la suite ? Avoir une idée claire et précise des différentes opportunités en fonction de son profil permet souvent aux élèves de
retrouver un regain de motivation, et du sens à leurs efforts. Ils ont un objectif concret. Mais il n’est pas toujours aisé de savoir véritablement quelle orientation choisir. Une recommandation est alors de se faire aider par une conseillère d’orientation. Voici quelques conseils pour accompagner votre enfant dans sa recherche d’orientation.

Rehausser la perception de compétences de l’élève

Outre l’autodétermination et la recherche d’un projet précis, l’une des clés incontournables de la motivation est la perception de compétences. Plus l’élève se sent capable d’accomplir une tâche, de réussir un exercice, plus il sera motivé à le faire.

Qu’en est-il des élèves « résignés » ?

Il s’agit, dans un premier temps, de leur faire reprendre confiance en leurs capacités. Pour sortir du cercle vicieux de la résignation apprise, il faut qu’ils intègrent une répétition de succès. De plus, il faut qu’ils les attribuent à leurs propres efforts. Pour cela, et dans un premier temps, il faut revenir sur les notions que l’élève maîtrise déjà dans la matière. Il est important de mettre en évidence sa réussite dans certains exercices. Seul cela lui permet de changer de comportement, d’envisager la une réussite possible dans la matière. Dans un deuxième temps seulement, il faudra le faire sortir de sa zone de confort.

Persévérance VS performance

Les élèves résignés vont procéder à des « stratégies d’évitement », c’est-à-dire des comportements pour éviter d’étudier la matière. Ils peuvent aussi retarder le moment de s’y engager ou réduire le temps alloué pour la travailler. Il s’agit donc d’abord de les encourager à s’y mettre et de saluer plutôt la persévérance à travailler la matière. La performance viendra dans un second temps.

Attention à nos mots !

Dans cette perspective de rehausser le sentiment de compétences de l’élève, attention à nos mots et nos phrases toutes faites ! « De toute façon, elle n’a jamais été matheuse » : de quoi enfoncer le clou de la résignation.

Pour rehausser la confiance de l’élève, il s’agit aussi d’adapter un discours adéquat. C’est tout l’art de la discipline positive qui intègre les éducateurs dans une attitude de coopération au succès de l’enfant.

La question des méthodes de travail

De vrais efforts fournis dans une matière peuvent parfois ne pas donner les résultats escomptés. La question de la méthode de travail se pose alors. En effet, dans les classes charnières en particulier, la classe de seconde notamment, l’élève a parfois une véritable difficulté à s’adapter aux nouvelles exigences. Un accompagnement par une spécialiste peut alors être envisagé. Nous proposons un stage de méthodologie, à travers l’intervention d’une orthopédagogue sur trois séances, en petits groupes, pour permettre
de comprendre les stratégies d’apprentissage les plus adaptées à chaque profil.

Le choix des cours particuliers pour “remotiver”

Dans le cadre d’un manque chronique de motivation de l’élève, le cours particulier offre des atouts non négligeables. Il instaure une relation de confiance où l’élève se sent libre de poser toutes ses questions. Cela permet au professeur d’encourager au maximum l’apprenant tout en travaillant de manière approfondie les points qui lui posent problème. Il adapte les méthodes d’apprentissages à son besoin en coopérant avec lui et propose des exercices adaptés à sa compréhension. Peu à peu, l’élève gagne ainsi en confiance et en autonomie.

“On a tout essayé”

Votre enfant, malgré différents ressorts, continue à être démotivé, à avoir un mal fou à se concentrer, à cumuler les avertissements à l’école…peut-être s’agit-il d’une difficulté autre qu’un manque de motivation ? Certains troubles , comme les troubles de l’attention, peuvent être à l’origine d’une véritable difficulté à se mettre au travail, et les détecter permet d’apprendre à mieux adapter nos réponses !


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