🧠 Apprendre : comment ça marche ? | Le Bon Binôme

Chaque jour nous apprenons, nous acquérons de nouvelles connaissances, que nous soyons collégiens, lycéens, étudiants ou professionnels. Mais comment fonctionne l’apprentissage, et quels sont les leviers pour mieux retenir… ou aider ses enfants à le faire ? Stanislas Dehaene, psychologue cognitiviste et neuroscientifique nous donne quelques clés dans une interview à l’occasion de la sortie de son livre Apprendre (Odile Jacob).

Apprendre est le propre de l’Homme : aucune autre espèce n’apprend aussi vite que nous.  Mais qu’est-ce que c’est apprendre concrètement ? Comment est-ce que cela se passe physiologiquement ?

Le mot apprendre a la mĂŞme racine qu’apprĂ©hender ; cela signifie « restituer dans mon cerveau ce que je capte dans le monde extĂ©rieur Â», c’est Ă  dire internaliser / construire dans notre tĂŞte une image du monde extĂ©rieur. Par exemple, quand on rĂŞve, notre cerveau recrĂ©e pendant le sommeil un monde complet Ă  partir d’élĂ©ments extĂ©rieurs qu’il a internalisĂ©.

Physiologiquement, dans notre cerveau, l’apprentissage se traduit par la création et la destruction de millions de connexions synaptiques en fonction des stimuli auxquels est confronté notre cerveau, des expériences qu’il vit. Cette capacité à créer et détruire des connexions s’appelle la plasticité. C’est ce qui nous permet d’apprendre énormément de connaissances dans des domaines très variés.

La pĂ©riode de 15 Ă  17 ans constitue l’apogĂ©e de cette plasticitĂ©. PassĂ©e cette pĂ©riode, il devient de plus en plus dur d’apprendre, par exemple les langues Ă©trangères. C’est pour cela qu’il est essentiel d’apprendre les langues tĂ´t. Cela vaut pour la langue maternelle Ă  laquelle il est bon d’exposer le bĂ©bĂ© fortement avant l’âge d’un an : c’est Ă  cette pĂ©riode que l’on acquiert les fondamentaux qui nous permettent de comprendre et de parler notre langue. Par exemple, les japonais ne font pas la diffĂ©rence entre la lettre « L Â» et la lettre « R Â». Ce genre de d’incapacitĂ© est fixĂ©e dès la première annĂ©e de vie. De manière plus plus gĂ©nĂ©rale, les voyelles se fixent vers 6 mois et les consonnes vers 12 mois, d’oĂą l’importance de parler tĂ´t au bĂ©bĂ©.

Il y a 4 piliers sur lesquels repose l’apprentissage :

1. L’attention

Attention et connaissance

Sans attention, il n’y a pas de mise en place profonde des connaissances dans le cerveau. Et dĂ©construisons un mythe : on ne peut pas ĂŞtre attentif Ă  deux choses en mĂŞme temps : il faut que mon attention soit fixĂ©e sur un seul objet (l’attention est comme une porte d’entrĂ©e vers le cerveau). Moi, adulte, en connaissant la rĂ©ponse, je m’étonne que mon enfant ne voie pas l’évĂ©nement recherchĂ©.

Essayez par exemple de compter le nombre de passes que fait l’équipe blanche au basket dans cette vidéo. Cette expérience a été menée par deux chercheurs d’Harvard et vous surprendra certainement.

Comment favoriser l’attention ?

Vous pouvez favoriser la concentration de votre enfant en ne surchargeant pas sa chambre ou son bureau de décoration ou objets. Il faut éviter les écrans trop stimulant (jeux rapides, vidéos etc.).

2. Être actif (bouillonner, faire des hypothèses)

L’erreur est importante pour apprendre : il faut se tromper pour apprendre : le cerveau apprend en faisant des prévisions puis en comparant ce qu’il s’est passé avec la prévision.

Le point important est d’Ă©viter de toujours lier erreur et sanction : malheureusement cette dernière accompagne souvent la première. Voltaire disait “Aime la vĂ©ritĂ© mais pardonne l’erreur.“. En sanctionnant une erreur, l’enfant voudra Ă©viter l’erreur, et donc essayera moins de choses ; il sera inhibĂ©.

En revanche, signaler l’erreur avec bienveillance, sans la sanctionner est productif. L’enfant saura ce qu’il doit Ă©viter de faire mais n’aura pas peur de se tromper Ă  nouveau sur d’autres hypothèses.

3. Consolider le savoir

Les deux points clĂ©s de la consolidation du savoir sont la rĂ©pĂ©tition des apprentissages et le sommeil : le cerveau rĂ©pète les apprentissages de la journĂ©e pendant la nuit. L’AcadĂ©mie de pĂ©diatrie a menĂ© des recherches : les adolescents ont du mal Ă  aller se coucher tĂ´t et Ă  se lever tĂ´t car les rythmes de sommeil se dĂ©calent chez l’adolescent (cela en dehors des biais qui accentuent ce phĂ©nomène : exposition aux Ă©crans, rĂ©seaux sociaux etc.). Quand on dĂ©cale le dĂ©but de l’école d’une heure chez les adolescents, on constate de meilleurs rĂ©sultats. Tant que l’Éducation Nationale ne mettre pas cela en place, il va falloir se coucher le plus tĂ´t possible. ?

4. La curiosité

La curiositĂ©, c’est vouloir savoir. Elle a un fort impact sur l’apprentissage ; c’est elle qui gĂ©nère de la dopamine. Le circuit de la dopamine est très ancien : c’est celui qui nous pousse Ă  aller chercher de la nourriture par exemple. Mais chez l’humain ce circuit est allĂ© très loin : on peut se passionner pour l’astronomie, pour la dĂ©couverte et le savoir en soi, mĂŞme s’il n’a pas d’intĂ©rĂŞt pratique en soi (comme la survie pour l’alimentation).

Un cerveau bilingue résiste mieux à la maladie d’Alzheimer. Le bilinguisme permet un doublement des réseaux neuronaux, ce qui retarde l’arrivée des premiers symptômes.

Voici les conseils de Stanislas Dehaene pour être plus performant quand on apprend. Vous pouvez les retrouver dans une courte vidéo ici.

Apprendre Ă  faire attention :

ce que permet l’apprentissage de la musique par exemple.

RĂ©partir l’apprentissage dans le temps :

Si j’ai deux heures disponibles pour apprendre, il vaut mieux accorder 10 minutes par jour pendant 8 jours qu’une séance de 2 heures en un seul coup.

Offrir un environnement enrichi pour les enfants :

Et notamment du langage : offrez lui un vocabulaire riche, de quoi le stimuler.

Bien calibrer ce que l’on donne Ă  apprendre :

On n’arrive pas Ă  apprendre ce que l’on connaĂ®t dĂ©jĂ  ou ce qui est trop difficile Ă  apprendre. Naturellement on est attirĂ© par ce qu’on est capables d’apprendre.

Dormir est essentiel :

C’est ce qui permet la consolidation, sans rien faire. Ce n’est pas du temps perdu, c’est de l’apprentissage !

Captiver l’attention des enfants:

Ne pas faire de cours magistral : alterner période d’enseignement et de questionnement : poser des questions, laisser l’enfant répondre et surtout… le laisser faire des erreurs : soyez patients !

Ne pas hésiter à répéter :

C’est la rĂ©pĂ©tition espacĂ©e dans le temps qui amĂ©liore l’apprentissage.

A voir Ă©galement :

Apprendre par cœur, quelques astuces


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