Il y a encore 30 ans il était facile de répondre « à avoir un bon métier plus tard » ou encore « à apprendre à calculer, à apprendre notre histoire, à découvrir le monde ». Ces arguments ont aujourd’hui du plomb dans l’aile :

  • Le taux de chômage des jeunes qui flirte avec les 25% (et le bouclier que formait le diplôme perd de son efficacité) fait perdre à beaucoup de jeunes de la génération Y ou Z la certitude d’avoir un métier à la hauteur de son diplôme (voire un métier tout court).
  • Aujourd’hui internet apporte la réponse à la majorité de nos questions. Autrefois lieu quasi unique de transmission de savoirs, l’école a perdu son monopole.
  • Je peux demander à Google des informations sur un pays du monde et voir instantanément apparaître un article encyclopédique, une carte du pays et les dernières actualités le concernant. Je peux obtenir de Google en moins d’une seconde la solution d’une opération mathématique ou la conversion d’une mesure.

Chaque minute, 4 millions de questions sont posées à Google

Où que nous soyons, nous pouvons sortir notre smartphone de notre poche pour interroger Google. Et nous ne nous en privons pas : Google est le site le plus visité dans le monde avec 4 millions de requêtes chaque minute, soit près de 6 milliards de recherches par jour.

Internet y répond de manière immédiate, rapide et gratuite. Alors à quoi sert encore l’École ? Simplement à parler le « google » , la nouvelle langue mondiale, pour poser la question ? Regardez comment au lieu d’écrire « j’aimerais trouver un appartement à louer à prix abordable à Paris » nous écrivons maintenant « appart paris pas cher ».

Alors à quoi devrait servir l’école ?

A l’heure de l’information gratuite, partout, tout le temps, l’école doit se réinventer.

Plutôt que d’accumuler des connaissances parfois inutiles ( 71% des collégiens disent s’ennuyer à l’école ), de développer des réflexes suicidaires (« seul compte ce qu’il y a aux examens », « il est plus important de réussir seul qu’en groupe » ou « échouer est désastreux »), ( L’excellent film Demain arrive à la conclusion que nos problèmes actuels en termes écologiques et économiques trouvent leurs racines dans notre éducation), de s’efforcer d’emmagasiner de l’information alors qu’elle est disponible partout et tout le temps… l’école doit se concentrer sur l’essentiel : le développement de trois savoir-faire.

Vivre et travailler ensemble

L’école est l’un des premiers lieux de socialisation. Elle doit apprendre à vivre ensemble : travailler et être évalué en groupe, quand aujourd’hui on nous apprend à travailler pour soi. Cela me rappelle le Monopoly (et vous savez comment se terminent les parties ? Il n’y a qu’un seul gagnant et beaucoup de perdants !). S’ouvrir à l’Autre c’est aussi s’ouvrir à l’altérité dans son sens large : réfléchir sur la différence, par l’art, la philosophie, les lectures, l’étude de films.

Apprendre à apprendre

65% des écoliers d’aujourd’hui pratiqueront, une fois diplômés, des métiers qui n’ont même pas encore été inventés. Alors comment former à des métiers qui n’existent pas encore ? Il faut rendre les écoliers capables de gérer des problèmes encore inconnus.

• En leur transmettant non plus seulement des savoirs mais un savoir-apprendre, donc en privilégiant les méthodes d’apprentissage.

• En apprenant non plus à générer du contenu mais à le gérer : trouver une information fiable, à la valider, à la confronter à d’autres informations, le tout afin de soutenir sa propre opinion, une thèse éclairée. Savoir-faire indispensable pour déjouer fausse rumeur, désinformation ou embrigadement. On parle de curation de contenu digital. Loin d’un simple plagiat, il implique une capacité à passer au tamis de leur critique les contenus dans la jungle de l’information web.

Développer des projets qui nous tiennent à cœur

Le professeur aidant à l’élève à le faire grandir en le cadrant. La génération Y et a fortiori la Z est une génération de passionnés. En 8 ans 1’000’000 d’autoentreprises ont été créées. Les carrières sont de moins en moins linéaires. Qui peut songer à réaliser sa carrière dans une ou deux entreprises comme cela était encore possible il y a une trentaine d’années ? Le monde économique est de plus en plus instable. Alors apprenons à créer les projets de demain au lieu de nous entraîner sur ceux d’hier, voués à disparaître.

Et le soutien scolaire dans tout ça ?

Si l’objectif de l’école a changé, quel est le rôle des cours de soutien à domicile ?

A une époque pas si lointaine que cela, les professeurs particuliers appelés précepteur, donnaient des cours particuliers. Leur rôle était assez similaire à celui des professeurs de l’époque : transmettre des connaissances et aider l’élève à les assimiler. Cela passait souvent par la répétition, d’où le terme de répétiteur.

L’objectif d’un professeur à domicile, qu’il donne des cours de maths ou des cours de français, est surtout d’aider l’élève à acquérir les bonnes méthodes, les bons réflexes de travail pour favoriser la réussite scolaire de son élève.

Lors d’une aide aux devoirs après l’école, il va privilégier la manière une bonne organisation pour faire ses devoirs. Donner des cours ne consistera plus seulement à transmettre un savoir mais une méthode.

Dans le cadre d’un cours de langue, que ce soit un cours d’anglais, un cours d’allemand ou un cours d’espagnol, la valeur ajoutée de l’enseignant sera de faire parler l’élève, de le faire pratiquer cette langue étrangère. Encore faut-il pour cela que les fondamentaux de la langue ait été acquis, que l’élève ait appris son vocabulaire, ses conjugaisons et ses déclinaisons.

Bien sûr, en cas de lacunes importantes, de difficultés scolaire, le tuteur devra revenir sur les ces fondamentaux avant d’aller plus loin.

La réalité du soutien scolaire change, son nom aussi

On parle de plus en plus d’accompagnement scolaire,  de coaching scolaire, parfois de tutorat scolaire plutôt que de petits cours ou de cours particuliers assurés par un répétiteur.



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